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3615 MYLIFE, America, English, France, Langues étrangères, Voyages

Pourquoi j’aime la langue de Shakespeare

Il y a de nombreuses étapes au cours de l’apprentissage d’une langue étrangère, de la simple découverte jusqu’au niveau avancé où nous pouvons utiliser des formes idiomatiques au cours d’une conversation et nous exprimer avec style, et avec des temps que nous n’utiliserions même pas dans notre langue maternelle.
Ce que je vous propose dans ce texte, que j’ai écrit à l’origine en anglais et dont je livre ici pour votre confort une version française, est un assortiment d’exemples et d’anecdotes expliquant pourquoi je pense qu’apprendre une langue étrangère est plus que jamais nécessaire de nos jours et ce malgré la difficulté, puis comment je trouve que l’anglais est une langue formidable et enfin pourquoi je pense que nous devons aider si nous le pouvons n’importe qui qui souhaite l’apprendre.

Je me souviens de mes premières leçons d’anglais à l’école. J’avais 11 ans. Du point de vue d’un petit garçon, la première chose intéressante qu’on rencontre avec l’anglais est ce “son” si particulier. Par exemple, mon prénom est difficile à prononcer pour les anglophones. Romain. Et je peux remercier ma mère pour cela. Car c’est à chaque fois un moment hilarant pour moi. Je me souviens à l’aéroport de Chicago O’Hare, mes premiers pas en terre américaine, dans les couloirs et suivant les cris poussés par les employés de l’aéroport pour me souhaiter la bienvenue. “Fill that paper!” “Oui, merci!” “NO I SAY WRITE YOUR DAMN NAME AND ADRESS AND WHERE WE CAN JOIN YOU!” “C’est ça, c’est ça…” Note personnelle, si vous volez aux USA et que vous devez faire une escale, ne passez PAS par Chicago O’Hare. Payez 50€ de plus si il le faut. Je vous aurais prévenu. Bref, après avoir fait la paperasse ou j’atteste sur l’honneur ne pas avoir pris part aux crimes contre l’humanité aux côtés des nazis pendant la seconde guerre mondiale ou ne pas avoir l’intention de nuire à l’état américain, un gros flic des services de l’immigration (Custom and Border Protection) m’appelle pour me rendre mon passeport. Sa bouche à émis un son ressemblant à “Mister Rwoman Rwosch?” Fascinant. La preuve, rien que repenser à cela me rappelle plein de souvenirs. Que je n’ai même pas mis dans la version en anglais! Et oui, il faut bien créer de l’intérêt, pas juste traduire.
Imaginez maintenant ce que ça peut donner quand un petit garçon inexpérimenté essaye de prononcer son propre prénom sans être sûr de lui, sans accent, et cherchant l’intonation.
Je dois l’avouer, les premières leçons d’anglais ne sont pas particulièrement plaisantes. Vous devez comprendre des mots dans une langue étrangère, avec un accent nouveau, avant de découvrir les faux-amis, puis probablement dans le but de rendre le cours plus ludique, la prof d’anglais ajoute un tas d’éléments typique de la culture anglaise aux cours, tel que les impériales (les bus à deux étages) les taxis, le chapeau étrange des policiers britannique et des images de Big Ben et d’autres batiments de Londres. Ainsi on peut créer des images mémotechniques. A vrai dire, c’est amusant jusqu’à ce qu’on apprenne que les anglais ne sont pas des français qui font plein de choses différentes par rapport à nous, et qui parlent un peu anglais à côté. Il font absolument TOUT de différent. Ils sont… anglais. Ils roulent à gauche (don’t be foolish!), leurs classes portent d’autres noms et tout leur système éducatif est différent (what a mess!), ils ont leur propre monnaie (nostalgie: à l’époque, nous avions encore le Franc, et l’€uro était à l’état de projet.), leur système métrique et toutes leurs unités de mesures sont complètement différentes et quasi-incompatible avec les nôtres (are you kidding me?) et le pire: ils mangent différents (goodness creatious!). En bref, dans le système éducatif français, anglais = Grande Bretagne, point. Si seulement c’était si simple…

il m’a fallu quelques années avant de commencer à apprendre la langue pour de bon. C’était en 1997 et j’étais en 6ème, ce qui est équivalent à la “Year 7” en angleterre, “Primary 7” en Ecosse, “6th grade” aux états-unis… je vous disais ces gens ne savent pas faire simplement les choses.
Si je devais résumer en quelques mots le cours d’anglais de l’éducation nationale, je dirais que si vous vous intéressez un tant soit peu au cours, c’est l’un des plus simple, sinon le plus simple. Le niveau d’anglais est bas. Par exemple notre grammaire française est affreusement plus difficile, que ce soit pour les élèves et pour les parents à qui ils demandent de l’aide après pour faire les devoirs! Mais les adultes n’aiment pas avouer qu’ils ne sont pas bons en grammaire, n’est-ce pas?
Après, il appartient à chacun de se faire son avis, d’avoir son opinion. Personnellement, pour moi la langue anglais laisse beaucoup plus de liberté aux gens qui la manient. L’anglais est plus flexible. Ceci est réellement l’une des raisons pour laquelle j’aime tant cette langue. A compter du moment où vous avez votre vocabulaire et savez vous en servir en toute circonstances, vous êtes lancé. Vous pouvez vous exprimer, dire ce que vous voulez, ce que vous pensez et c’est ainsi qu’on continue d’apprendre la langue, car les anglophones vous corrigerons et/ou vous donnerons de nouveaux mots pour vous exprimer encore mieux!
Quelqu’un invente quelque chose et donne son nom à cette chose. Comment allons-nous appeller les gens qui utilisent cette invention? En français, ça dépendra de ce à quoi sert la machine. Bref, en français, “ça dépend”. en anglais, on peut facilement prendre le nom de l’invention et ajouter un “-er” à la fin. Et on y ajoute “-ing” et nous avons un nouveau verbe. C’est aussi simple que ça. C’est si logique que souvent il est plus facile de faire référence au nom en anglais qu’en français. Je pense, ensuite, que c’est le cas pour de nombreuses langues dans le monde.

En anglais, les mots ont un sens différent selon leur contexte. Ce qui est vrai en français aussi. Mais moins qu’en anglais. En anglais, saisissez le contexte, et vous comprenez tout. Changez le contexte et vous ne comprendrez plus rien…

Deux autres choses que j’ai appris par la langue anglaise:
La première est si simple que cela ne nous vient même pas à l’esprit: Pour améliorer son niveau, vous devez régulièrement écouter de l’anglais, parler avec des anglophones et ne pas avoir peur de faire des erreurs. Parce que c’est ainsi que vous apprenez à ne pas les refaire. Heureusement, cela est plus facile en anglais qu’en allemand par exemple, mon autre langue étrangère. Dans cette dernière, je répète régulièrement les mêmes erreurs ce qui conduit ma meilleure amie à Hambourg à me corriger à chaque fois. Je parle bien sur de corriger ma grammaire allemande. J’espère juste que je ne la rendrais pas folle à force de répéter les mêmes erreurs. Pour ma défense et celle des autres germanistes, la syntaxe est si différente du français à l’allemand que cela se sent tout de suite lorsqu’on dit en allemand une phrase à laquelle on pense en français. Et à l’inverse, cela ne se sent beaucoup moins quand un allemand dit en français une phrase à laquelle il pense dans sa langue maternelle. Des questions? Cela étant, une fois que vous commencez à pensez mentalement et même à rêver dans une langue étrangère, vous savez que vous êtes sur la bonne voie.

La seconde est quelque chose d’inné que je ne comprends pas moi-même. Cela m’arrive très souvent en anglais (un peu plus rarement en allemand). Des flashs où les mots me viennent d’eux même quand j’en ai besoin. Pour expliquer cela, je dois avouer avant que j’ai toujours eu des facilités en anglais dès l’école. Je me sens capable de m’installer dans un pays anglophone et d’y vivre. Je m’y suis d’ailleurs préparé, en accord avec mon choix de carrière.
En situation, je parle avec une personne anglophone (et non pas anglo-saxon comme on le dit couramment. Je rappelle à ces personnes que les anglo-saxons étaient un peuple primitif qui vivait sur l’actuelle angleterre il y a mille ans avec des moustaches et des casques à cornes!) bref au milieu d’une phrase, j’utilise un mot que je ne connais pas. La conversation continue et d’un seul coup je me dis “mais est-ce que ce mot est correct dans ma phrase?” Comme je n’en suis pas certain je le demande à mon interlocuteur (pas celui avec les cornes et la moustache, l’autre). Et dans 90% de cas, le mot est correct dans le contexte. Cela m’est arrivé tellement de fois et je ne sais pas comment ni pourquoi ça marche, c’en est désarmant. Les mots me viennent d’eux-même.
Si une telle chose vous est déjà arrivé, veuillez s’il vous plait me prévenir, car cela me semble être de la sorcellerie!

S’il est aisé de comprendre que comme une énorme partie du monde parle anglais, il est utile de l’apprendre, je dois dire que même si nous sommes alimenté en Europe par un grand nombre de programmes, films, séries et logiciels en anglais, nous avons l’art de tout doubler en français! Quand je pense que cela est au départ parti d’une volonté de protéger la langue française. Ok, pour les logiciels c’est compréhensible. Ok, les français savent ce qui se passe dans les autres pays, à quoi ressemblent les rues de New York, de Miami, de San Francisco et de Los Angeles, MAIS avec le doublage français. Je ne dis pas que cela est mal, mais voir des films en version originale permet justement de s’améliorer facilement. Et nous perdons le délice des accents avec le doublage.
Personnellement, le monde a changé pour moi le jour où j’ai réalisé que Arnold Schwarzenegger et Sylvester Stallone ne parlaient pas français à la maison. Alors on dit Sylvester, pas Sylvestre? Pourquoi est-ce que Dark Vador est appellé Darth Vader sur ma boite de Micromachines Star Wars? Est-ce que mes héros de Star Wars ne parleraient pas français couramment en définitive?
Je ne me souviens plus exactement quand j’ai réalisé cela mais je pense que j’ai probablement refusé intérieurement cette odieuse vérité. Et je crois que c’est ce jour-là que j’ai pris la décision d’apprendre des langues étrangères et que cela a influencé par la suite ma décision d’étudier les langues étrangères.

La partie 3615mylife
J’ai rêvé depuis tout petit d’avoir volé en Amérique en tant que pilote de l’US Air Force après la seconde guerre mondiale. Pourquoi? Je ne sais pas. Comment? Mon film préféré? Top Gun, pourquoi? Bref, si je le savais, ça m’expliquerai beaucoup de choses. Aujourd’hui je parle 3 langues (pour le moment), j’ai commencé à travailler dans le domaine aérien il y a 2 ans (et j’aime) et je compte continuer ma carrière dans les airs où l’anglais est la langue officielle. Interesting, isn’t it?

Pour conclure, prenons un exemple du passé:
J’ai grandi avec une cassette audio d’Elvis Presley. Tout au long de mon enfance j’ai écouté son Rock n’ Roll avant d’aller me coucher. Je me suis fixé comme objectif de comprendre un jour ce qu’Elvis disait dans ses chansons. Pour moi cela sonnait simplement comme une suite de sons incompréhensibles, d’étranges syllabes. Bada bada bada bada ba hound dog! Dans tout les cas, il était évident pour moi qu’Elvis ne parlait pas français couramment. Je me demandais même si lui comprenait ce qu’il disait. Ah, l’enfance…
Et c’est ainsi que j’ai mentalement coché la case quand j’ai réécouté la cassette il y a 2 ans et me suis rendu compte que je m’étais élevé au niveau où je comprenais tout. C’est une sensation merveilleuse que je souhaite à tous de ressentir, quand quelque chose que vous connaissez phonétiquement depuis très longtemps par coeur prend soudain du sens. Ceci était un court exemple, une courte anecdote d’un garçon qui apprend une langue et qui l’aime. Qui aime aussi aller à la rencontre de gens venant de très loin et capable d’échanger avec eux. Ceci est juste ma première langue étrangère. Mise à l’épreuve sur le terrain en Angleterre et en Amérique. Je pense qu’être capable de comprendre et communiquer avec des gens de n’importe où, de très loin fait grandir l’âme, élève notre civilisation vers le haut. Et que l’inverse est vrai aussi. Se cantonner dans une langue, plus précisément refuser des langues étrangères ou pire en imposer une est mauvais pour tout le monde.
Amis francophones, apprenez l’anglais! English-speaking friends, learn french! Nous pouvons accomplir de grandes choses ensemble si nous le voulons.

À propos de Romain Roche

Backpacker. Germanophile. Danseur SBK. Joueur Old-school/Retrogamer. Fou d'aviation, de photo et bien sûr d'écriture. Bienvenue chez moi.

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