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Australie, Carnet de voyage, Voyages, WHV

Chroniques d’Australie, Aout 2013

Vue du Victoria Bridge

Brisbane est la première ville australienne que j’ai foulée du pied. Mon avion m’y a déposé sur la portion Hong Kong-Brisbane avant que je prenne mon connecting flight vers Darwin. Elle a donc une signification particulière pour moi. J’y ai passé un bon moment, m’y suis senti bien et y ai rencontré des gens bien. Mais… c’est aussi là que je me suis frotté aux entretiens d’embauches foireux entre un backpacker qui débarque la gueule enfarinée et un employeur qui veut faire du chiffre, qui reçoit 20 demandeurs d’emploi par jour dont la moitié de backpackers, a qui il faut tout apprendre et qui ne parlent pas tous anglais. Je suis parti en Australie pour le boulot, une fois arrivé on me dit « il n’y a pas de boulot, il faut aller ailleurs, là-bas il y a du boulot ! » Bon et bien je vais aller là où il y a du boulot. Alors forcément, une fois arrivé à Brisbane, si je rencontre des gens qui me disent la même chose qu’à Darwin, j’ai envie de leur dire « vous vous foutez de moi ? » Je ne fais pas 17 000 bornes pour le fun ! Pas pour ce que ça me coûte. En plus de cela, je suis parti de France à un moment bien particulier, et j’ai depuis mes débuts en Australie bien du mal à convaincre ma famille, peu encline aux départs à l’étranger, que j’ai fait un bon choix. Et comme je n’ai pas réussi à trouver un seul vrai boulot, j’en étais à me dire « Où est-ce que je peux en trouver ? » plus clairement : dans quelle ville ? Alors qu’il y en a, il faut juste trouver la personne qui me donne ma chance, puis à me bouger le c… pour lui montrer qu’il n’a pas fait une erreur !

Le problème est simplement que je n’ai pas rencontré cette personne sur mon chemin. Mon champ de recherche s’est orienté vers mon domaine de prédilection, puis par la suite je l’ai élargi à ce qui était plus accessible ou plus proche de moi localement. Car il est toujours plus simple d’être au boulot quand il est de l’autre côté de la rue que quand il faut marcher 20 minutes jusqu’au Transit Centre et prendre un bus à $17 aller simple pour l’aéroport. De plus, pour être éligible pour les métiers de la restauration, il faut passer des petites formations complémentaires. Les australiens et étrangers sont au même régime. Du coup j’y ai passé mon RSA, pour pouvoir simplement donner un verre d’alcool à un client. C’est $50 de dépensé pour pouvoir juste travailler dans un restaurant et un bar. Ce papier m’a d’ailleurs servi de passe-partout car on me l’a peu demandé au Queensland, mais de partout en New South Wales. J’y reviendrais plus tard.

A very french picture in Brisbane, Paddington

A very french picture in Brisbane, Paddington

Pendant ce temps, mes compagnons étaient toujours dans les parages. Nous avions rendu le Van et demandé à nous faire rembourser les jours d’arrêt, mais là aussi c’est la croix et la bannière. Le seul a s’occuper de rembourser les clients est le Boss de Wicked Travels, John, qui n’était pas en Australie à ce moment là, mince comme par hasard ! Nous l’avons contacté par email, puis j’ai laissé mes camarades pour faire chemin de mon côté, je leur ai demandé plusieurs fois où on en était, puis j’ai perdu la trace de l’affaire. J’en retiens juste que remboursé ou pas, j’ai $100 dans l’os. Ils m’auraient été utiles. De leur côté, ils cherchaient aussi du boulot mais d’une façon bien différente de la mienne. Si moi je faisais du porte à porte, avec ma chemise blanche, mes CVs sous le bras et mon accent français insupportable (je ne suis pas convaincu que ça ait été une aide pour mes démarches), eux passaient une grosse partie de leur temps à la bibliothèque municipale de Brisbane (un bâtiment impressionnant de 40 étages) pour faire des recherches sur internet. Comprendre par là 80% du temps à scruter Gumtree. A eux le plaisir de faire le tri parmi les vraies annonces, les fausses, celles de pseudo-prostitution et celles qui sont peut être bonne mais auxquelles personne ne répondra. Ne répondra à votre message je veux dire. Au final, on n’est pas si loin que ça de ce qui se fait en France. J’ai tenté pendant 2h, puis j’ai laissé tomber et ai été imprimer mes CVs pour faire ce que les anglophones appellent « hit the streets ». Je n’ai pas eu de chance de ce côté-là toutefois, mais au moins j’ai rencontré des gens. De tout. Là aussi j’y reviendrais dans un article détaillé car il y a beaucoup à dire. Pour le logement, deux de mes compagnons m’ont rejoint dans mon hostel, décidément pas mal, l’un de mes pote s’est retrouvé dans ma chambre de 8, la fille s’est retrouvée dans la chambre à côté, et le parisien est resté parisien : il a trouvé une chambre dans une colocation à $120 la semaine un peu plus loin. Je suis resté en contact proche avec eux jusqu’à ce que je recoivent une réponse à un de mes messages envoyé sur HelpX. Un hostel sur la Sunshine Coast avait du boulot pour moi. De là j’ai dû prendre un de mes premiers choix difficiles.

Ma copine Pauline, partie au Canada a écrit un article très bien pour expliquer ce qu’est l’HelpX. L’unique chose qu’il est important que je signale est que ce n’est pas du travail rémunéré, sauf exception. Et pour prouver qu’il faut tout tenter : j’ai démarché plusieurs hostels pour y travailler en échange du logement gratuit, un seul m’a répondu positivement et c’était l’annonce la plus vieille, à laquelle je me disais « personne ne va me répondre ». Le lendemain, un email, puis un coup de fil plus tard, j’apprends qu’ils cherchent un cleaner. Si je prends trop de temps pour me décider, quelqu’un d’autre plus rapide prendra la place et je continuerais de chercher à Brisbane en voulant en partir si ça ne fonctionne pas. Et si je pars, je me retrouve à nouveau tout seul, je laisse à Brisbane derrière moi tout les gens que j’ai rencontrés, et que j’aime bien.

Cela n’a l’air de rien comme ça, mais quand vous êtes à l’autre bout du monde, vous essayez de recréer un environnement familier avec les gens que vous aimez bien rencontrés sur place. A défaut d’avoir votre famille et vos amis restés à la maison. Alors quand vous avez à peu près reformé quelque chose et que se présente une occasion qui implique de tout laisser et de partir à l’aveuglette, ce n’est pas facile.

Brisbane CBD vu du toit de mon hostel

Brisbane CBD vu du toit de mon hostel

J’ai décidé de partir. Dans ces cas-là, en général, je dis « Ok, j’arrive tout de suite ! » puis je fais mes sacs, je pars et seulement une fois parti je me dis « Pu… Qu’est-ce que j’ai fait !! » suivi d’une longue allitération de gros mots. Et on était en général. Direction, Mooloolaba, Sunshine Coast. Le nom avait beau être marrant, partir d’une grande ville pour retourner dans une petite me semblait risqué, océan ou pas. En fait, je craignais de me retrouver dans un Winton bis ou pire Darwin bis loin de tout où je ne rencontrerai pas beaucoup de monde. Cela étant, je partais dans un Backpackers Hostel, ce qui devrait me simplifier les choses. Un rapide coup d’œil sur TripAdvisor m’a fait si peur que j’ai décidé de ne pas chercher plus d’avis sur l’hostel et d’y aller en me fixant comme challenge de relever le niveau. C’est là que j’ai écris sur mon carnet de notes « si tu va en enfer, n’oublie pas d’envoyer du rock and roll » Cela ne rendra pas l’enfer meilleur mais mais au moins le train sera d’enfer ! Allé magnéto Serge, me voilà dans le Greyhound bus direction Mooloolà-bas, où je n’ai jamais été, je ne vais pas être payé, je ne sais pas combien de temps je vais y rester ni ma prochaine étape et je ne connais personne : tout va bien, c’est l’aventure !

À propos de Romain Roche

Backpacker. Germanophile. Danseur SBK. Retrogamer. Fou d'aviation, de photo et bien sûr d'écriture. Bienvenue chez moi.

Discussion

Une réflexion sur “Chroniques d’Australie, Aout 2013

  1. « Le parisien est resté parisien » LOL

    Publié par Steph | 11 février 2014, 02:45

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